Trop-perçu salaire : comment réagir ? Remboursement et droits

Trop-perçu salaire : comment réagir ? Remboursement et droits

3 février 2026

Trop-perçu salaire : de quoi parle-t-on exactement ?

Un trop-perçu de salaire est une situation délicate où un employé reçoit une somme d’argent qu’il n’aurait pas dfb percevoir. Il s’agit d’un paiement indu de la part de l’employeur, souvent dfb à une erreur de calcul, un maintien de rémunération injustifié ou l’attribution de primes non dues. Comprendre les tenants et aboutissants de cette situation est essentiel pour réagir adéquatement.

Les causes possibles d’un trop-perçu

  • Erreurs de calcul : taux horaire erroné, majoration incorrecte des heures supplémentaires.
  • Maintien de salaire injustifié : arrêt maladie, congé sans solde, temps partiel thérapeutique non pris en compte.
  • Primes ou indemnités non dues : prime d’ancienneté, de performance, indemnité de panier ou de déplacement versées à tort.
  • Changement de situation non pris en compte : passage à temps partiel, fin d’un avantage, promotion ou changement de poste.
  • Double versement : versement du salaire en double par erreur.

Dans tous les cas, la somme versée ne correspond pas à ce que le salarié est légalement en droit de recevoir.

Ce que dit la loi sur le trop-perçu

Plusieurs articles de loi encadrent le trop-perçu de salaire :

  • L’article 1302-1 du Code civil impose la restitution de toute somme indfbment perçue.
  • L’article L.3245-1 du Code du travail fixe le délai de prescription pour réclamer un remboursement à 3 ans.
  • L’article L.3251-1 du Code du travail précise que l’employeur ne peut pas imposer de retenue assimilable à une sanction pécuniaire, la jurisprudence limitant généralement la retenue à 10 % du salaire net mensuel sans accord écrit du salarié.

Récupération du trop-perçu : comment ça se passe ?

Lorsqu’un trop-perçu est constaté, l’employeur a le droit de réclamer le remboursement. Cependant, des règles précises encadrent cette procédure pour protéger les droits du salarié.

L’employeur peut-il réclamer un trop-perçu ?

Oui, l’article 1302-1 du Code civil est clair : si vous avez perçu une somme qui ne vous était pas due, vous êtes légalement tenu de la restituer à votre employeur, même si c’est lui qui a commis l’erreur. L’employeur a la responsabilité d’établir correctement la rémunération de ses salariés, mais cela ne l’empêche pas de réclamer un trop-perçu.

Quel est le délai de remboursement ?

L’article L.3245-1 du Code du travail stipule que l’employeur dispose d’un délai de 3 ans pour exiger le remboursement des sommes indues. Ce délai court à partir de la date du versement erroné. L’employeur doit vous informer et vous proposer des modalités de remboursement, généralement une retenue sur salaire.

Si vous avez quitté l’entreprise, votre ancien employeur peut demander le remboursement des trop-perçus versés au cours des 3 années précédant la rupture du contrat, le plus souvent à l’amiable.

Quelle est la limite de la retenue sur salaire ?

Avant toute retenue, l’employeur doit vous informer du trop-perçu et des modalités de remboursement. Vous avez le droit de négocier ces modalités et de proposer un échelonnement, une compensation en RTT ou une remise partielle de dette. Si l’employeur opte pour une retenue sur salaire, elle ne peut excéder 10 % de votre salaire net, sauf accord écrit de votre part. Une mention « retenue sur salaire » doit apparaître sur votre bulletin de paie.

Trop-perçu, retenue sur salaire et impôts : comment déclarer ?

Un trop-perçu et une retenue sur salaire peuvent impacter votre déclaration d’impôt. Vous devez déclarer vos revenus tels que perçus, puis diminués des retenues. Le traitement fiscal diffère selon que le remboursement a lieu la même année ou l’année suivante. Il est important de vérifier attentivement le montant prérempli sur votre déclaration de revenus.

Le trop-perçu est-il net ou brut ?

Si l’erreur provient d’un élément du bulletin de salaire (prime, indemnité, taux horaire), la régularisation se fait en brut. Si l’erreur ne donne pas lieu à cotisations sociales, la régularisation se fait en net.

Contestation du trop-perçu : comment faire ?

Dans certains cas, il est possible de contester un trop-perçu de salaire.

Les situations permettant de refuser le remboursement

  • Le trop-perçu date de plus de 3 ans : le délai de prescription est dépassé.
  • Le versement indu a été intégré à la rémunération de manière constante pendant une longue période.
  • L’erreur de paie n’est pas clairement démontrée par l’employeur.
  • La retenue sur salaire est abusive (réalisée sans accord ou dépassant 10 % du salaire net).

Les recours possibles pour le salarié

Pour contester un remboursement, vous pouvez :

  • Envoyer une lettre de contestation en recommandé avec accusé de réception.
  • Saisir l’inspection du travail pour obtenir un avis et une médiation.
  • Recourir à une médiation conventionnelle pour trouver une solution amiable.
  • Saisir le conseil des prud’hommes en dernier recours.

Trop-perçu salaire fonction publique : un cas spécifique

Les agents publics peuvent également être concernés par un trop-perçu, souvent lié à la complexité de leur rémunération. Les règles sont cependant légèrement différentes.

Erreur de l’administration et remboursement par l’agent

Dans la fonction publique, un trop-perçu correspond à une rémunération versée, mais non due à l’agent (erreur d’indice, maintien de salaire indu, primes non dues, etc.). Comme dans le privé, toute somme indue doit être restituée, même si la faute incombe à l’administration.

Les délais de prescription dans la fonction publique

Un trop-perçu peut donner lieu à une demande de remboursement dans un délai de 2 ans à partir du 1er jour du mois suivant le paiement indu. Ce délai peut être étendu à 5 ans si l’agent n’a pas informé l’administration d’un changement de situation ou a transmis des informations inexactes.

En tant qu’agent public, vous avez également des possibilités de recours pour contester la demande de trop-perçu.

Questions fréquentes

Suis-je obligé de rembourser un trop-perçu si l’erreur vient de mon employeur ?

Oui, vous êtes tenu de rembourser un trop-perçu de salaire, même si l’erreur provient de votre employeur. L’article 1302-1 du Code civil impose cette obligation, mais des règles encadrent le remboursement, notamment un délai de prescription de 3 ans et une limite de retenue sur salaire à 10% sans accord écrit.

Quel est le délai pendant lequel l’employeur peut réclamer un trop-perçu ?

L’employeur dispose de 3 ans, à compter du paiement indu, pour réclamer le remboursement d’un trop-perçu de salaire. Passé ce délai, sa demande est irrecevable, sauf cas particuliers dans la fonction publique.

Mon employeur peut-il prélever plus de 10 % de mon salaire sans mon accord ?

Non, votre employeur ne peut pas prélever plus de 10 % de votre salaire net mensuel sans votre accord écrit, sauf en cas de saisie sur salaire ordonnée par un juge. Cette limite vise à protéger votre niveau de vie.

Comment déclarer un trop-perçu remboursé sur ma déclaration de revenus ?

Pour déclarer un trop-perçu remboursé, déduisez le montant remboursé de vos revenus imposables sur la déclaration de revenus de l’année du remboursement, généralement dans la case dédiée aux traitements et salaires. Conservez les justificatifs.

Auteur
Henri
Rédacteur invité expert tech.

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