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Les aides à l’embauche de salariés en situation de handicap : guide pratique

Les aides à l’embauche de salariés en situation de handicap : guide pratique

Depuis la loi de 1987, les entreprises d’au moins 20 salariés doivent employer des travailleurs handicapés à hauteur de 6 % de leur effectif total. Pour accompagner cette obligation et compenser les éventuels surcoûts, plusieurs aides financières sont accessibles aux employeurs. Quels sont les différents coups de pouce disponibles, quelles conditions respecter et comment en faire la demande ? Voici l’essentiel.

Quelles sont les aides à l’accueil et à l’intégration d’un travailleur handicapé ?

Plusieurs aides permettent de financer les mesures d’accompagnement nécessaires à l’arrivée d’un salarié en situation de handicap, qu’il s’agisse d’un nouveau recrutement ou d’une mobilité interne.

Aide à l’accueil, à l’intégration et à l’évolution professionnelle

Cette aide couvre une partie des dépenses liées à l’intégration d’un collaborateur handicapé nouvellement embauché ou à son évolution sur un nouveau poste. Elle peut notamment financer :

  • des actions de sensibilisation des collègues au handicap,
  • l’accompagnement du supérieur hiérarchique,
  • un encadrement personnalisé du salarié.

Qui peut en bénéficier ? Tout employeur recrutant une personne handicapée en CDI ou en CDD d’au moins 6 mois (durée hebdomadaire de travail d’au moins 24 heures, sauf exceptions).

Montant : jusqu’à 3 150 €, versés en une seule fois.

Conditions : l’employeur doit justifier les dépenses réelles. L’aide peut être demandée avant le recrutement ou dans les neuf mois suivant la prise de poste. Elle est renouvelable si le salarié change de poste au sein de la même entreprise.

Démarche : le formulaire de demande est à transmettre à l’Agefiph, complété et signé. Il peut aussi être prescrit par un conseiller Cap emploi, France Travail, la mission locale ou le réseau Comète France.

Cette aide est cumulable avec les autres dispositifs de l’Agefiph et les aides de l’État ou des régions.

Aide à l’adaptation des situations de travail

Destinée à prendre en charge les frais d’aménagement du poste de travail (ou du télétravail) pour le rendre accessible à un salarié handicapé, cette aide finance des moyens techniques, humains ou organisationnels.

Exemples de dépenses éligibles :

  • logiciels adaptés ou transcription braille,
  • équipements ergonomiques,
  • tutorat ou interprétariat (langue des signes, par exemple),
  • aménagements physiques des locaux.

Qui peut en bénéficier ? Tout employeur d’un salarié handicapé pour lequel le médecin du travail atteste que le handicap, son aggravation ou une évolution du contexte de travail entraîne des conséquences sur l’aptitude à occuper le poste ou nécessite des mesures de prévention. Les travailleurs indépendants handicapés peuvent aussi en bénéficier sous réserve d’un avis médical.

Montant : évalué au cas par cas, dans une logique de stricte compensation du handicap (les investissements sans rapport avec le handicap sont exclus).

Démarche : la demande est adressée à l’Agefiph, accompagnée de l’avis médical. L’aide est ponctuelle. Pour une prise en charge durable, l’entreprise doit parallèlement effectuer une démarche de reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH). L’aide peut être renouvelée en cas d’aggravation du handicap, d’évolution de la situation de travail, d’obsolescence technique ou d’usure du matériel.

L’aide liée à la reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH)

Après avoir réalisé tous les aménagements possibles du poste, l’employeur peut solliciter une compensation des surcoûts importants et durables via la reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH).

Qui est concerné ? Tout employeur d’un salarié handicapé, ainsi que le travailleur indépendant handicapé.

Montants annuels (pour un temps plein) :

  • taux normal : 6 770,50 €,
  • taux majoré : 13 479,45 €.
En cas de temps partiel, ces montants sont proratisés. L’aide est versée chaque trimestre, sur présentation des heures travaillées, pour une durée de 3 ans renouvelable. Elle ne peut pas être cumulée avec une autre aide de l’État attribuée aux entreprises adaptées.

Démarche : l’employeur doit déposer une demande de RLH via le formulaire spécifique à adresser à l’Agefiph (en ligne ou par courrier). Il doit démontrer l’importance des surcoûts et leur lien direct avec l’adaptation du poste.

Aides à la formation et à l’alternance

Aide à la formation pour le maintien dans l’emploi

Elle finance les coûts pédagogiques de toute formation nécessaire pour préserver l’emploi d’un collaborateur lorsque son handicap s’aggrave ou que son poste n’est plus adapté.

Montant : variable, déterminé après analyse conjointe avec les autres financeurs (OPCO, commissions paritaires interprofessionnelles régionales, etc.).

Conditions : un avis médical doit attester la situation. L’aide est renouvelable et cumulable avec d’autres dispositifs.

Démarche : formulaire de demande d’intervention à remettre à l’Agefiph, après contact avec un conseiller Cap emploi ou l’association Comète.

Aide de l’État pour l’embauche d’un apprenti en situation de handicap

Depuis le 24 février 2025, l’État accorde une aide pouvant aller jusqu’à 6 000 € pour le recrutement d’un apprenti handicapé, quelle que soit la taille de l’entreprise. Elle est proportionnelle à la durée du contrat et cumulable avec les aides de l’Agefiph.

Conditions :

  • l’apprenti prépare un diplôme ou un titre professionnel de niveau 7 maximum (master, diplôme d’ingénieur),
  • l’employeur n’a jamais bénéficié de cette aide pour le même apprenti et la même certification.

Démarche : aucune demande particulière ; il suffit de déclarer l’embauche via la déclaration sociale nominative (DSN). L’employeur transmet le contrat d’apprentissage à son opérateur de compétences (OPCO) dans les 6 mois. Le versement est automatique et mensuel avant le paiement du salaire, pendant une durée maximale de 12 mois (proratisée en cas de rupture anticipée).

Aide Agefiph pour contrat d’apprentissage ou de professionnalisation

En complément de l’aide de l’État, l’Agefiph propose également un coup de pouce financier pour l’embauche d’une personne handicapée en alternance.

Montants :

  • contrat d’apprentissage : jusqu’à 3 000 €,
  • contrat de professionnalisation : jusqu’à 4 000 €.
Le montant est calculé proportionnellement à la durée du contrat et peut être prolongé en cas de redoublement ou de poursuite d’études.

Conditions : contrat d’au moins 6 mois, durée hebdomadaire d’au moins 24 heures (16 heures dans certains cas).

Démarche : demande à effectuer directement auprès de l’Agefiph à l’aide du formulaire d’intervention.

Quels sont les interlocuteurs et comment faire sa demande ?

Toutes les aides évoquées sont instruites principalement par l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Les demandes se font en ligne sur son espace dédié ou par courrier à la délégation régionale.

Pour être orienté, les employeurs peuvent aussi s’appuyer sur :

  • Cap emploi : réseau de conseillers spécialisés dans le maintien dans l’emploi des personnes handicapées,
  • France Travail (ex Pôle emploi) : pour les aides à l’accueil et à l’intégration,
  • l’association Comète France : accompagnement à la formation pour le maintien dans l’emploi.
Le dépôt d’une demande s’accompagne généralement de pièces justificatives (attestations médicales, factures, descriptif des aménagements) et d’un formulaire spécifique disponible sur agefiph.fr.

Questions fréquentes

L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés concerne-t-elle toutes les entreprises ?

Non, seules les entreprises d’au moins 20 salariés sont tenues d’employer 6 % de travailleurs handicapés. En dessous de cet effectif, aucune obligation légale n’est imposée.

Peut-on toucher plusieurs aides en même temps pour un même salarié ?

Oui, la plupart des aides de l’Agefiph sont cumulables entre elles et avec les aides de l’État ou des régions. Seule l’aide liée à la RLH ne peut pas être cumulée avec une autre aide spécifique aux entreprises adaptées.

Qui instruit les demandes d’aides à l’embauche de personnes handicapées ?

Ces aides sont principalement gérées par l’Agefiph. Pour les travailleurs indépendants ou les entreprises publiques, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP) peut intervenir.

Faut-il un avis du médecin du travail pour obtenir l’aide à l’adaptation des situations de travail ?

Oui, un avis médical est obligatoire. Il doit attester que le handicap, son aggravation ou l’évolution du contexte de travail entraîne des conséquences sur la capacité à occuper le poste.

L’aide pour l’apprentissage d’un travailleur handicapé est-elle automatique ?

L’aide de l’État (jusqu’à 6 000 €) est versée automatiquement après déclaration du contrat d’apprentissage via la DSN, sans demande spécifique. En revanche, l’aide Agefiph pour l’alternance nécessite un formulaire.

Quel est le montant de l’aide à la recherche de solutions pour le maintien dans l’emploi ?

Elle s’élève à 2 100 €, attribués une seule fois, sur prescription d’un conseiller Cap emploi.

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Sources officielles

Droits Allocations
Redacteur