Le logement en France : un bilan 2025 mitigé
Les vœux présidentiels de fin 2025 ont offert une analyse pertinente des enjeux mondiaux et nationaux, ainsi qu’un appel à l’unité nationale, notamment pour l’adoption d’un budget. Si des priorités comme la lutte contre le dérèglement climatique et la souveraineté alimentaire ont été mentionnées, la question du logement est restée en retrait. Pourtant, elle demeure une préoccupation majeure pour de nombreux Français.
L’année 2025 s’achève sur un constat amer. L’absence de projet de loi de finances (PLF) pour 2026 accentue les incertitudes pesant sur les ménages. Le Président Emmanuel Macron, face à son bilan, doit saisir cette dernière opportunité pour agir concrètement en faveur du logement, un domaine où sa politique a, jusqu’à présent, peiné à porter ses fruits. Les suppressions et modifications de dispositifs existants, conjuguées à des contraintes fiscales croissantes, ont abouti à un bilan peu reluisant.
Les enjeux cruciaux du PLF 2026 pour le logement
Le débat budgétaire à venir mettra à l’épreuve la capacité des différents groupes politiques à s’unir pour améliorer l’accès au logement pour tous. Des mesures clés sont en jeu, telles que la confirmation de l’élargissement et de la prolongation du prêt à taux zéro (PTZ), ainsi que l’adoption de l’amortissement des logements locatifs neufs et anciens avec travaux, avec des taux variables selon le niveau des loyers. Il est également crucial de doter MaPrimeRénov’ d’une enveloppe budgétaire suffisante pour accélérer la rénovation énergétique du parc résidentiel.
Le rôle déterminant des maires en 2026
Au-delà des parlementaires et du gouvernement, les maires, qui seront élus ou verront leur mandat renouvelé en mars 2026, auront un rôle essentiel à jouer. Les citoyens attendent d’eux qu’ils soient des bâtisseurs, qu’ils favorisent la densification des zones urbaines existantes, qu’ils s’attaquent à l’habitat insalubre et qu’ils trouvent des solutions d’hébergement pour les sans-abri. Ces élections municipales représentent donc une échéance importante pour réintégrer la question du logement au cœur des préoccupations politiques.
Vers une réconciliation des acteurs du logement
Le secteur du logement doit distinguer les décideurs qui le soutiennent et éviter les généralisations hâtives. Une inclusion réciproque est nécessaire pour que le logement redevienne une priorité pour les responsables publics. Il est impératif de libérer les énergies, de simplifier les procédures, de sécuriser et d’accompagner les marchés. Les professionnels de l’immobilier doivent, de leur côté, prendre en compte les contraintes budgétaires et l’évolution du rôle de la classe politique.
Cette réconciliation est vitale pour l’avenir du logement en France. Les premiers mois de 2026 seront déterminants pour engager cette dynamique positive.
Questions fréquentes
Quelles mesures de logement sont en discussion dans le projet de loi de finances 2026 ?
Le projet de loi de finances 2026 propose un nouveau « statut du bailleur privé » incitatif, des ajustements fiscaux pour la production et la rénovation locative, et des discussions sur les aides au logement social et les APL. L’objectif est de relancer la production de logements, mais des critiques persistent quant à l’ambition sociale et budgétaire de ces mesures.
Que signifie la prorogation et l’élargissement du prêt à taux zéro pour les acheteurs ?
La prorogation du PTZ le maintient jusqu’au 31 décembre 2027, assurant sa stabilité. L’élargissement inclut une revalorisation des plafonds de revenus, des montants de prêt augmentés et l’ouverture aux acquéreurs successifs de logements en bail réel solidaire (BRS). Ces mesures visent à soutenir l’accession à la propriété des ménages modestes et intermédiaires.
Comment MaPrimeRénov’ fonctionne-t-elle et quelle enveloppe est nécessaire pour améliorer le parc résidentiel ?
MaPrimeRénov’ est une aide financière pour la rénovation énergétique, accessible aux propriétaires occupants et bailleurs. Cependant, au 1er janvier 2026, le guichet est suspendu faute de budget adopté par le Parlement. Le budget 2026 de l’Anah est prévu à 4,6 milliards d’euros, dont 3,4 milliards fléchés vers MaPrimeRénov’, avec l’objectif de financer au moins 120 000 rénovations d’ampleur en 2026.
Que peuvent faire les maires élus en mars 2026 pour résoudre la crise du logement localement ?
Les maires peuvent agir sur la crise du logement en utilisant des outils urbanistiques, en favorisant la construction et la densification, en encadrant les loyers, et en soutenant la rénovation et l’accès au logement. Ils peuvent également réviser le plan local d’urbanisme (PLU) pour interdire les résidences secondaires dans les secteurs tendus et promouvoir la densification douce.




