IFI 2025 : 2,3 milliards d'euros de recettes, hausse de 8%

IFI 2025 : 2,3 milliards d'euros de recettes, hausse de 8%

Les recettes de l'impôt sur la fortune immobilière devraient atteindre 2,3 milliards d'euros en 2025, soit une progression de 8% par rapport à l'exercice précédent. Cette hausse intervient dans un contexte de tension sur le marché immobilier et de renforcement des contrôles fiscaux. Retour sur les chiffres clés et les mécanismes de cet impôt créé pour remplacer l'ISF.

Qu'est-ce que l'IFI et qui est concerné ?

L'impôt sur la fortune immobilière est un impôt annuel dû par les personnes physiques dont le patrimoine immobilier net taxable excède 1,3 million d'euros au 1er janvier de chaque année. Instauré par la loi de finances pour 2018, il a remplacé l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dont le champ d'application était plus large.

Contrairement à l'ISF qui prenait en compte l'ensemble du patrimoine (valeurs mobilières, avoirs financiers, biens immobiliers), l'IFI se concentre exclusivement sur les actifs immobiliers. Cette réforme visait à favoriser l'investissement dans les entreprises tout en maintenant une contribution des patrimoines immobiliers les plus importants.

Conditions d'assujettissement

Les conditions pour être redevable de l'IFI sont les suivantes :

  • Détenir un patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1,3 million d'euros au 1er janvier de l'année d'imposition.
  • Être considéré comme domicilié fiscalement en France, ou détenir des immeubles situés en France pour les non-résidents.
  • Le patrimoine s'entend de l'ensemble des biens immobiliers détenus directement ou indirectement, après déduction des dettes imputables.

Un mécanisme de décote s'applique pour les patrimoines compris entre 1,3 million et 1,4 million d'euros, afin d'atténuer l'effet de seuil. Au-delà de 1,4 million d'euros, le barème progressif s'applique intégralement.

Les chiffres clés de l'IFI en 2025

Les données prévisionnelles pour 2025 font état d'une hausse significative des recettes générées par l'impôt sur la fortune immobilière. Le montant total des recettes attendues s'établit à 2,3 milliards d'euros, contre environ 2,13 milliards d'euros en 2024.

Évolution des recettes

Année Recettes (milliards €) Variation
2022 1,93 -
2023 2,05 +6,2%
2024 2,13 +3,9%
2025 (prévision) 2,30 +8%

Cette progression de 8% représente l'une des plus fortes hausses annuelles depuis la création de l'IFI. Elle s'explique par plusieurs facteurs conjugués que nous détaillons ci-dessous.

Les facteurs explicatifs de la hausse

Augmentation du nombre de foyers assujettis

Le nombre de foyers redevables de l'IFI est en progression constante depuis plusieurs années. Cette augmentation résulte de deux phénomènes distincts :

  • La hausse des prix de l'immobilier sur certaines zones tendues, qui mécaniquement fait basculer des patrimoines au-dessus du seuil d'imposition.
  • L'accroissement du nombre de contribuables déclarant un patrimoine immobilier taxable, notamment du fait de transmissions successorales.

Les données de la direction générale des finances publiques (DGFiP) indiquent que le nombre de foyers assujettis a progressé de manière soutenue, contribuant mécaniquement à l'augmentation des recettes.

Évolution du marché immobilier

Le marché immobilier français a connu des évolutions contrastées selon les segments. Si les prix ont reculé dans certaines zones, les valeurs demeurent élevées dans les métropoles et les zones tendues, où se concentrent une part importante des patrimoines imposables. Les actifs immobiliers de prestige, particulièrement visés par l'IFI, ont conservé des valorisations importantes.

Renforcement des contrôles fiscaux

L'administration fiscale a intensifié ses contrôles sur les déclarations d'IFI. Les vérifications portent notamment sur :

  • La sous-évaluation des biens immobiliers déclarés.
  • Les montages visant à dissimuler des actifs immobiliers via des structures juridiques complexes.
  • La déduction abusive de dettes venant réduire l'assiette taxable.

Point de vigilance : les contrôles fiscaux sur l'IFI peuvent intervenir jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle du dépôt de la déclaration. Les contribuables doivent conserver l'ensemble des justificatifs pendant cette période.

Place de l'IFI dans les recettes fiscales de l'État

L'impôt sur la fortune immobilière représente une part modeste des recettes fiscales totales de l'État. Avec 2,3 milliards d'euros attendus en 2025, l'IFI ne constitue qu'une fraction limitée du budget de l'État, bien au-delà des recettes de la TVA, de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés.

Néanmoins, cet impêt revêt une portée symbolique importante dans le débat public. Il incarne une forme de contribution des patrimoines les plus importants au financement des dépenses collectives, dans un contexte où la question de la fiscalité du capital reste vivement débattue.

Comparaison avec l'ancien ISF

L'ISF, supprimé en 2018, générait des recettes supérieures à celles de l'IFI. Son champ d'application plus large, incluant les actifs financiers, permettait de taxer des patrimoines diversifiés. Le passage à l'IFI a entraîné une baisse mécanique des recettes, partiellement compensée depuis par la hausse du nombre d'assujettis et l'évolution des valorisations immobilières.

Qui paie l'IFI ? Profil des contribuables concernés

Les redevables de l'IFI se caractérisent par des profils hétérogènes, même si certaines tendances se dégagent des données statistiques disponibles :

  • Une concentration géographique en Île-de-France et dans les grandes métropoles régionales.
  • Des patrimoines souvent constitués par héritage ou acquisition progressive.
  • Une proportion significative de retraités propriétaires de leur résidence principale et de biens locatifs.

Le montant moyen d'IFI par foyer redevable varie selon les années, mais se situe généralement dans une fourchette comprise entre 10 000 et 15 000 euros. Cette moyenne masque toutefois des disparités importantes, certains patrimoines très conséquents générant des montants d'imposition bien supérieurs.

Comment est calculé l'IFI ?

L'IFI est calculé selon un barème progressif appliqué au patrimoine immobilier net taxable. Le calcul s'effectue en plusieurs étapes.

Barème applicable

Fraction du patrimoine net taxable Taux applicable
Jusqu'à 800 000 € 0%
De 800 000 € à 1 300 000 € 0,50%
De 1 300 000 € à 2 570 000 € 0,70%
De 2 570 000 € à 5 000 000 € 1%
De 5 000 000 € à 10 000 000 € 1,25%
Au-delà de 10 000 000 € 1,50%

Le patrimoine net taxable s'obtient en soustrayant du patrimoine brut les dettes déductibles (prêts immobiliers, travaux non réalisés, taxe foncière de l'année précédente, etc.).

Abattements applicables

Un abattement de 30% s'applique sur la valeur de la résidence principale. Cet abattement vient réduire la base imposable avant application du barème.

Les obligations déclaratives

Les redevables de l'IFI doivent déposer une déclaration spécifique, généralement en même temps que la déclaration d'impôt sur le revenu. La déclaration s'effectue via le formulaire n°2725 ou directement en ligne sur impots.gouv.fr.

Les pièces justificatives à conserver comprennent :

  • Les actes d'acquisition des biens immobiliers.
  • Les estimations des biens non évalués par référence à un acte.
  • Les justificatifs des dettes déduites.
  • Les attestations des organismes pour les parts de sociétés immobilières.

Attention : une déclaration tardive ou incomplète peut entraîner des pénalités. L'amende pour défaut de déclaration s'élève à 10% du montant de l'impôt dû, sans minimum. Des majorations supplémentaires s'appliquent en cas de mauvaise foi.

Perspectives et évolutions à venir

Les projections pour les années postérieures à 2025 laissent présager une stabilisation des recettes de l'IFI, sous réserve des évolutions du marché immobilier. Plusieurs facteurs pourraient influencer les recettes futures :

  • L'évolution des prix de l'immobilier, notamment dans les segments haut de gamme.
  • Les éventuelles modifications législatives du barème ou du champ d'application.
  • Les transmissions successorales qui font entrer de nouveaux contribuables dans le champ de l'IFI.

Le débat sur la fiscalité du patrimoine reste ouvert. Certains acteurs plaident pour un élargissement de l'assiette de l'IFI ou son remplacement par un impôt plus large, tandis que d'autres soulignent les risques d'évasion fiscale et de moins-value pour les recettes publiques.

Synthèse

L'impôt sur la fortune immobilière poursuit en 2025 sa trajectoire de croissance avec des recettes attendues de 2,3 milliards d'euros, en hausse de 8%. Cette progression traduit l'augmentation du nombre de foyers assujettis et les effets du renforcement des contrôles fiscaux. L'IFI demeure un impôt symbolique, dont le poids dans les recettes de l'État reste limité mais qui continue de structurer le débat sur la fiscalité des patrimoines. Les redevables doivent veiller au respect scrupuleux de leurs obligations déclaratives, les contrôles pouvant intervenir dans un délai de trois ans.

Questions fréquentes

Qui doit payer l'IFI en 2025 ?

Toute personne physique dont le patrimoine immobilier net taxable excède 1,3 million d'euros au 1er janvier 2025 est redevable de l'IFI. Les couples mariés ou pacsés sont imposés sur l'ensemble de leur patrimoine commun.

Comment déclarer l'IFI ?

La déclaration d'IFI s'effectue sur le formulaire n°2725 ou en ligne via impots.gouv.fr, généralement en même temps que la déclaration d'impôt sur le revenu. Les délais de dépôt varient selon le mode de déclaration et le lieu de résidence.

Quelle est la différence entre l'ISF et l'IFI ?

L'ISF (supprimé en 2018) taxait l'ensemble du patrimoine, y compris les actifs financiers et les valeurs mobilières. L'IFI ne concerne que les actifs immobiliers, ce qui réduit mécaniquement son assiette et les recettes générées.

Quels biens sont exonérés d'IFI ?

Les biens immobiliers professionnels affectés à l'activité du redevable sont exonérés. Les bois et forêts, les parts de groupements forestiers et certains biens ruraux loués à long terme bénéficient également d'exonérations partielles ou totales.

Peut-on contester le montant de l'IFI ?

Oui, le contribuable peut adresser une réclamation à l'administration fiscale dans un délai de deux ans à compter de la mise en recouvrement de l'impôt. La réclamation doit être motivée et accompagnée des justificatifs pertinents.

Henri
Redacteur

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