Droits allocations Comprendre vos droits. Trouver le bon service.
Arrêt maladie : 288 sollicitations, licenciement et cassation 2026

Arrêt maladie : 288 sollicitations, licenciement et cassation 2026

Sollicitations excessives pendant les périodes de repos : l'affaire d'Héricourt

Une responsable commerciale d'une entreprise située à Héricourt (Haute-Saône) a été sollicitée 288 fois par son employeur entre octobre 2019 et le début de l'année 2021. Cette affaire illustre les dérives possibles en matière de sollicitations employeur arrêt maladie et de non-respect du droit à la déconnexion.

Des contacts intensifs pendant toutes les périodes de repos

Les sollicitations ont pris plusieurs formes : emails, coups de téléphone et messages. Ces contacts sont intervenus pendant des moments protégés par la loi :

  • Jours de repos hebdomadaires
  • Arrêts de travail pour raison de santé
  • Jours de congés payés
  • Phases d'activité partielle liées au Covid-19
Période concernée Type de sollicitation
Octobre 2019 - début 2021 288 contacts (emails, appels, messages)
Période Covid-19 Sollicitations pendant l'activité partielle
2021 Convocation à un séminaire alors que la salariée était suspendue

Constatation par huissier et convocation abusive

En 2021, la salariée a fait constater cette pression par un huissier. Cette démarche constitue une preuve essentielle en cas de contentieux pour harcèlement arrêt maladie ou atteinte à la vie personnelle.

Par ailleurs, elle a été convoquée à un séminaire commercial alors qu'elle était déjà suspendue. Cette convocation contrevient aux obligations employeur arrêt maladie, qui imposent de ne pas solliciter un salarié pendant une période de suspension du contrat de travail.

⚠ Important : Le droit à la déconnexion est reconnu à tout salarié. Les sollicitations répétées pendant les arrêts de travail, les congés ou le repos hebdomadaire peuvent caractériser un harcèlement ou une atteinte à la vie personnelle. La protection salarié en arrêt maladie interdit à l'employeur de maintenir une pression professionnelle injustifiée.

Déclaration d'inaptitude et licenciement : procédure et droits du salarié

La déclaration d'inaptitude médicale au travail entraîne des conséquences importantes sur le contrat de travail. L'employeur doit respecter une procédure stricte encadrée par le Code du travail.

Qu'est-ce qu'une déclaration d'inaptitude ?

La déclaration d'inaptitude est établie par le médecin du travail après un examen médical. Elle constate que l'état de santé du salarié ne lui permet plus d'exercer son poste, avec ou sans aménagement.

⚠ Important : Une déclaration d'inaptitude n'entraîne pas automatiquement le licenciement. L'employeur doit d'abord rechercher une solution de reclassement.

Obligations de l'employeur après une inaptitude

Après réception de l'avis d'inaptitude, l'employeur a un mois pour agir :

  • Rechercher un poste compatible avec l'état de santé du salarié
  • Proposer des aménagements du poste existant
  • Consulter le Comité social et économique (CSE) pour toute décision de licenciement
  • Respecter la procédure de licenciement prévue par la loi
💡 Conseil : Un licenciement prononcé sans recherche préalable de reclassement peut être requalifié en licenciement abusif.

Exemple de procédure : cas concret

En octobre 2021, la médecine du travail a déclaré la salariée inapte au travail en raison de problèmes de santé, notamment des problèmes de dos, des migraines et des troubles anxiodépressifs. Dans les jours suivant cette déclaration d'inaptitude, l'employeur a licencié la salariée.

ℹ️ À savoir : La protection du salarié en arrêt maladie ne s'oppose pas au licenciement pour inaptitude, mais l'employeur doit respecter les obligations de l'employeur pendant l'arrêt maladie, notamment l'interdiction de sollicitations professionnelles.

Droits du salarié licencié pour inaptitude

Droit Conditions
Indemnité de licenciement Au moins 1 an d'ancienneté
Indemnité compensatrice de préavis Licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle ou non
Allocation chômage Inscription auprès de France Travail
Rente d'incapacité Inaptitude d'origine professionnelle reconnue par la CPAM

Recours en cas de procédure irrégulière

Le salarié peut contester un licenciement pendant arrêt maladie ou pour inaptitude devant le Conseil de prud'hommes :

  • Absence de recherche de reclassement
  • Non-respect de la procédure de consultation du CSE
  • Liens avec un harcèlement ou des sollicitations excessives pendant l'arrêt maladie
  • Violation du droit à la déconnexion
⚠ Important : Le délai de recours est de 12 mois à compter de la notification du licenciement (2 ans pour les discriminations).

Parcours judiciaire jusqu'à la Cour de cassation : le droit à la déconnexion reconnu

La salariée a engagé une action en justice contre son entreprise. Ce litige illustre la protection du salarié en arrêt maladie face aux sollicitations répétées de l'employeur.

Première instance : le tribunal de Chambéry déboute la salariée

En première instance, le tribunal de Chambéry a débouté la salariée, donnant raison à l'employeur qui estimait ne pas avoir abusé et avoir envoyé uniquement des emails informatifs partagés avec d'autres salariés. L'argumentation de l'entreprise reposait sur le caractère prétendument neutre des messages envoyés.

Cour de cassation : un revirement de jurisprudence

Cependant, le 21 octobre 2026, la Cour de cassation a donné raison à la salariée, estimant que l'entreprise n'avait pas à la solliciter 288 fois, surtout en période de problèmes de santé. Cette décision reconnaît une violation manifeste du droit à la déconnexion et constitue un précédent important en matière de harcèlement pendant arrêt maladie.

Étape de la procédure Juridiction saisie Décision rendue
Première instance Tribunal de Chambéry Déboutement de la salariée
Pourvoi en cassation Cour de cassation Arrêt du 21 octobre 2026 favorable à la salariée
Nouvel examen Cour d'appel de Grenoble En attente

Renvoi devant la Cour d'appel de Grenoble

Le dossier doit maintenant être rejugé par la Cour d'appel de Grenoble. Cette juridiction devra se prononcer sur les conséquences de cette cassation, notamment sur l'éventuel licenciement abusif pendant arrêt maladie et les indemnités dues à la salariée.

⚠ Important : Les obligations de l'employeur pendant l'arrêt maladie incluent le respect du droit à la déconnexion. Des sollicitations répétées peuvent constituer un harcèlement moral, même si les messages sont présentés comme informatifs.
💡 Conseil : En cas de sollicitations de l'employeur pendant un arrêt maladie, conservez tous les emails et messages reçus. Ces éléments constituent des preuves essentielles en cas de contentieux pour licenciement abusif.

Le cadre légal : le droit à la déconnexion et la jurisprudence

Le droit à la déconnexion est applicable depuis 2017 au titre de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). Il vise à assurer le respect du temps de repos, des congés, et de la vie privée et familiale du salarié.

Jurisprudence de la Cour de cassation

Une décision de la Cour de cassation en 2024 a établi qu'une salariée sollicitée pendant son arrêt maladie (même seulement 3 fois dans ce cas précédent) avait droit à réparation sans avoir à démontrer un préjudice spécifique.

⚠ Important : Dans l'affaire actuelle, la Cour de cassation applique ce principe à une situation de sollicitations massives (288 contacts) pendant diverses périodes de non-travail.
Élément Détail
Date d'entrée en vigueur 2017
Cadre juridique Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT)
Jurisprudence clé Cour de cassation - 2024
Seuil de sollicitations (affaire actuelle) 288 contacts
ℹ️ À savoir : Le salarié n'a pas à démontrer un préjudice spécifique pour obtenir réparation. La seule existence de sollicitations pendant l'arrêt maladie suffit à caractériser l'atteinte à la protection du salarié en arrêt maladie.

Protections du salarié

Le droit à la déconnexion protège le salarié contre :

  • Les sollicitations de l'employeur pendant les périodes de repos
  • Les contacts professionnels pendant les congés
  • Les demandes de travail pendant un arrêt maladie
  • Les atteintes à la vie privée et familiale
💡 Conseil : Conservez toutes traces des sollicitations reçues pendant vos périodes de non-travail (emails, appels, messages). Ces éléments constituent des preuves en cas de litige pour harcèlement arrêt maladie ou licenciement abusif arrêt maladie.

Licenciement et sollicitations pendant un arrêt maladie : conséquences juridiques

La Cour de cassation a rendu une décision importante le 21 octobre 2026 concernant les sollicitations de l'employeur pendant arrêt maladie. Cette jurisprudence encadre les obligations de l'employeur et renforce la protection du salarié en arrêt maladie.

Obligation de réparation du préjudice

Suite à la décision de la Cour de cassation du 21 octobre 2026, l'employeur a l'obligation de réparer le préjudice causé à la salariée pour l'avoir sollicitée pendant ses arrêts maladie et autres périodes de repos, sans que celle-ci n'ait eu à démontrer un préjudice individuel.

Cette décision fait peser sur l'employeur une présomption de préjudice. Le salarié n'a plus à apporter la preuve d'un dommage spécifique lié aux contacts professionnels pendant sa période de repos.

⚠ Important : L'employeur qui contacte un salarié en arrêt maladie pour des motifs professionnels s'expose à une condamnation au titre de la réparation du préjudice, même en l'absence de démonstration d'un préjudice individuel par le salarié.

Licenciement après inaptitude : un élément central du litige

Le licenciement intervenu peu après la déclaration d'inaptitude par la médecine du travail est également un élément central du litige. Ce contexte peut caractériser un licenciement abusif arrêt maladie si le lien entre l'inaptitude et la rupture est établi.

Le salarié bénéficie d'une protection renforcée dans ce cadre. L'employeur doit respecter une procédure stricte et justifier d'un motif réel et sérieux distinct de l'état de santé.

Élément du litige Conséquence juridique
Sollicitations pendant arrêt maladie Préjudice automatiquement réparable
Licenciement après déclaration d'inaptitude Élément central du litige à examiner
Absence de démonstration du préjudice individuel Non exigée par la Cour de cassation

Issue définitive de l'affaire

L'issue définitive de l'affaire dépendra du nouveau jugement de la Cour d'appel de Grenoble. La juridiction d'appel devra se prononcer sur le quantum des dommages et intérêts alloués à la salariée.

💡 Conseil : Les salariés confrontés à des sollicitations professionnelles pendant un arrêt maladie doivent conserver l'ensemble des écrits (emails, SMS, courriers) afin de documenter le préjudice subi.

Droit à la déconnexion et obligations de l'employeur

Cette décision s'inscrit dans le cadre plus large du droit à la déconnexion. Les obligations de l'employeur arrêt maladie incluent le respect de la période de repos prescrite par le médecin.

Des contacts répétés peuvent caractériser un harcèlement arrêt maladie si ces sollicitations ont pour objet ou effet de porter atteinte à la santé ou à la dignité du salarié.

ℹ️ À savoir : Le salarié en arrêt maladie perçoit des indemnités journalières de la CPAM et n'a pas l'obligation de répondre aux sollicitations professionnelles, sauf exceptions limitées prévues par la loi ou le contrat de travail.

Questions fréquentes

Que s'est-il passé dans cette affaire ?

Une salariée a été sollicitée 288 fois par son employeur entre octobre 2019 et début 2021 pendant ses jours de repos, arrêts maladie, congés et activité partielle Covid-19. Après une déclaration d'inaptitude par la médecine du travail en octobre 2021, elle a été licenciée. La Cour de cassation lui a donné raison le 21 octobre 2026.

Qu'est-ce que le "droit à la déconnexion" ?

Le droit à la déconnexion est une obligation de l'employeur depuis 2017, dans le cadre de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). Il vise à protéger les temps de repos et de congé des salariés, en particulier hors du temps de travail effectif.

Un employeur a-t-il le droit de contacter un salarié en arrêt maladie ?

Non. La Cour de cassation a établi en 2024 que toute sollicitation par l'employeur pendant un arrêt maladie donne droit à réparation pour le salarié, même si aucun préjudice n'est démontré. Dans cette affaire, les sollicitations avaient aussi lieu pendant les congés et l'activité partielle.

Que risque l'employeur dans un tel cas ?

L'employeur a l'obligation de réparer le préjudice causé par les sollicitations abusives. Le dossier doit maintenant être rejugé par la Cour d'appel de Grenoble pour déterminer l'indemnisation due à la salariée.

Que faire si mon employeur me contacte abusivement pendant mon arrêt ?

Vous pouvez conserver toutes les preuves (emails, logs d'appels, captures d'écran). La salariée de cette affaire a fait constater les faits par un huissier en 2021. Vous pouvez également saisir le Conseil de prud'hommes pour faire valoir vos droits.

Cette décision annule-t-elle le licenciement ?

Non. La décision de la Cour de cassation du 21 octobre 2026 reconnaît la faute de l'employeur pour les sollicitations abusives et ouvre droit à réparation. Le dossier est renvoyé devant la Cour d'appel de Grenoble qui devra statuer sur l'ensemble, y compris sur la validité du licenciement.

Quelle est la différence avec l'affaire de 2024 citée ?

En 2024, la Cour de cassation avait jugé qu'une salariée contactée 3 fois pendant son arrêt maladie avait droit à réparation. Ici, le nombre de sollicitations est beaucoup plus élevé (288) et concerne aussi les congés et l'activité partielle.

Puis-je être licencié après une déclaration d'inaptitude par la médecine du travail ?

Une déclaration d'inaptitude n'est pas une cause de licenciement. L'employeur doit d'abord rechercher un reclassement dans l'entreprise. Un licenciement intervenant dans les jours suivant cette déclaration, comme dans cette affaire, peut être considéré comme abusif.

Henri
Redacteur

Articles lies