Crédit immobilier en 2026 : les volumes repartent malgré des marges négatives pour les banques
En 2025, les banques françaises ont produit 171,3 milliards d'euros de crédits à l'habitat, soit une hausse de 29,3% sur un an. Ce rebond des volumes intervient dans un contexte où la rentabilité unitaire des opérations reste défavorable pour les établissements prêteurs.
| Indicateur | Valeur 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Production de crédits à l'habitat | 171,3 milliards d'euros | +29,3% |
| Marges à l'octroi | Négatives | Persistantes |
Des marges à l'octroi toujours négatives
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) constate dans son étude « Le financement de l'habitat en 2025 », publiée à l'été 2026, que « les marges à l'octroi telles que déclarées par les établissements demeurent négatives en 2025 ». Cela signifie que, prise isolément, l'opération de crédit immobilier peut faire perdre de l'argent à la banque.
Pourquoi les banques continuent-elles de prêter ?
Malgré cela, les banques continuent activement de chercher de nouveaux emprunteurs à la rentrée 2026. Plusieurs facteurs expliquent ce paradoxe :
- La fidélisation du client sur la durée du prêt, souvent 20 à 25 ans, génère des revenus complémentaires (assurances, cartes bancaires, épargne).
- Les frais dossier crédit immobilier et les frais de garantie prêt apportent des revenus immédiats.
- Le courtage immobilier banque intensifie la concurrence entre établissements pour capter les meilleurs profils emprunteurs.
- Les taux du crédit immobilier taux banque s'étant stabilisés, les volumes redevenus attractifs compensent la marge négative prêt immobilier par effet d'échelle.
Crédit immobilier : la stratégie d'acquisition client et de rentabilité globale des banques
Le crédit immobilier est décrit comme le principal prétexte pour attirer de nouveaux clients dans une banque, selon Guillaume Fourt de Meilleurtaux. Les établissements bancaires ne cherchent pas à dégager un profit immédiat sur le prêt lui-même. Ils visent une logique de relation client sur le long terme.
Une rentabilité négative assumée sur la ligne de crédit
Les banques acceptent une rentabilité négative sur la ligne de crédit immobilier pour nouer une relation client de longue durée. Concrètement, le coût de refinancement peut dépasser le taux proposé à l'emprunteur. Cette marge négative prêt immobilier est un choix commercial délibéré. Les établissements considèrent le crédit immobilier comme un produit d'appel, au même titre qu'une opération promotionnelle.
La rentabilité globale via les produits annexes
Les banques visent ensuite la rentabilité globale de cette relation via d'autres produits :
- Compte bancaire et tenue de compte
- Moyens de paiement (carte bancaire, chéquier, prélèvements)
- Assurance emprunteur, souvent souscrite auprès de la banque ou d'un assureur partenaire
- Épargne (livret réglementé, PEL, assurance vie, PER)
La rentabilité produits bancaires annexes compense la perte initiale sur le crédit immobilier taux banque. Les banques comptent rentabiliser cette relation "pendant les années suivantes" après la signature du prêt.
| Étape | Produit concerné | Objectif de la banque |
|---|---|---|
| 1. Acquisition | Crédit immobilier | Attirer un nouveau client (rentabilité négative acceptée) |
| 2. Fidélisation | Compte bancaire, moyens de paiement | Ancrer la relation client au quotidien |
| 3. Rentabilité | Assurance emprunteur, épargne | Dégager une marge sur la durée totale de la relation |
Crédit immobilier : contreparties bancaires et vigilance accrue après signature
L'obtention d'un crédit immobilier à un très bon taux s'accompagne souvent de contreparties attendues par la banque. Ces engagements, formalisés lors de la signature, visent à compenser la marge négative prêt immobilier que subit l'établissement prêteur lorsqu'il accorde un taux particulièrement compétitif.
Les contreparties les plus fréquemment exigées
| Contrepartie demandée | Objectif pour la banque |
|---|---|
| Domiciliation des revenus (salaires) | Garantir des flux réguliers sur le compte courant |
| Transfert d'une partie de l'épargne détenue ailleurs | Augmenter les avoirs sous gestion et la rentabilité de la relation |
| Souscription à une assurance emprunteur obligatoire proposée par la banque | Générer des revenus complémentaires via un produit annexé |
Logique économique : rentabilité produits bancaires annexes
Plus la banque récupère de produits et d'avoirs, plus elle peut espérer rentabiliser la relation client. Cette logique explique pourquoi le crédit immobilier taux banque est souvent conditionné à la souscription de services annexes. La rentabilité produits bancaires annexes compense le faible taux du prêt principal.
- Les frais de dossier crédit immobilier et frais de garantie prêt participent également à cet équilibre financier.
- Le recours à un courtage immobilier banque peut aider à négocier des contreparties limitées, mais les banques restent fermes sur les engagements principaux.
Crédit immobilier : frais de dossier et revenus accessoires, l'autre face de la rentabilité bancaire
Pour compenser partiellement la marge négative sur le taux, les banques augmentent d'autres revenus liés au crédit. En 2026, des augmentations de frais de dossier de 100 ou 150 euros ont été observées, selon Guillaume Fourt. L'ACPR classe ces frais parmi les revenus accessoires du crédit immobilier, une catégorie qui comprend également les frais de renégociation, les indemnités de remboursement anticipé et les commissions liées à la distribution des contrats d'assurance et de garantie. Ainsi, le taux du prêt ne reflète pas à lui seul la rentabilité réelle d'un emprunteur pour sa banque.
De quoi se composent les revenus accessoires du crédit immobilier ?
| Type de revenu accessoire | Description |
|---|---|
| Frais de dossier | Somme facturée par la banque pour traiter la demande de crédit immobilier. En 2026, des hausses de 100 ou 150 euros ont été constatées. |
| Frais de renégociation | Montant perçu lorsqu'un emprunteur renégocie les conditions de son prêt en cours. |
| Indemnités de remboursement anticipé (IRA) | Pénalités perçues en cas de remboursement du prêt avant échéance. |
| Commissions sur assurance et garantie | Rémunérations liées à la distribution des contrats d'assurance emprunteur et des frais de garantie prêt. |
Santé financière des banques en 2025 : revenus et répartition
Malgré les marges négatives sur le crédit immobilier, la santé financière globale des banques reste solide. En 2025, le produit net bancaire des six principaux groupes bancaires français a progressé de 5,6%, pour atteindre 167,5 milliards d'euros. Cette hausse, soulignée par l'ACPR dans son rapport annuel 2025, a été portée à la fois par la marge nette d'intérêt et par les commissions, notamment dans les secteurs de l'assurance et de la gestion d'actifs. Cela montre la diversification des sources de revenus du modèle bancaire français.
| Indicateur | Valeur 2025 | Source |
|---|---|---|
| Produit net bancaire des six principaux groupes | 167,5 milliards d'euros | ACPR – Rapport annuel 2025 |
| Progression du produit net bancaire | +5,6% | ACPR – Rapport annuel 2025 |
| Marge sur crédit immobilier | Négative | ACPR – Rapport annuel 2025 |
Comprendre la diversification des revenus bancaires
Le modèle bancaire français repose sur plusieurs sources de revenus complémentaires. Le crédit immobilier, longtemps moteur de l'activité, pèse désormais sur les marges. En revanche, la rentabilité des produits bancaires annexes progresse.
- Marge nette d'intérêt : différence entre les intérêts perçus sur les prêts et ceux versés sur les dépôts.
- Commissions : frais de tenue de compte, frais de carte bancaire, frais de courtage immobilier en banque, frais de dossier crédit immobilier.
- Assurance : assurance emprunteur obligatoire, assurance-vie, contrats de prévoyance.
- Gestion d'actifs : frais de gestion des portefeuilles, OPCVM, mandats de gestion.
Crédit immobilier en septembre 2026 : jusqu'où les banques pourront-elles maintenir des taux bas ?
En septembre 2026, les taux de crédit immobilier tournent autour de 3,5 % sur 20 ans, alors que les conditions de financement des banques se sont tendues. Cette stratégie des taux bas, menée par plusieurs établissements pour relancer la production de prêts, montre pourtant des limites croissantes.
Des marges sous pression
Selon Guillaume Fourt, les établissements ne pourront pas maintenir éternellement ces taux si leurs propres coûts augmentent, ce qui laisse présager une remontée progressive des barèmes dans les prochains mois. Le modèle actuel repose en partie sur la rentabilité des produits bancaires annexes — assurance emprunteur obligatoire, frais de garantie prêt, frais de dossier crédit immobilier — qui permettent aux banques de compenser une marge négative sur le prêt lui-même. Mais cette logique atteint rapidement son seuil de rentabilité.
| Élément | Situation en septembre 2026 |
|---|---|
| Taux moyen sur 20 ans | 3,5 % |
| Conditions de financement des banques | Tendues |
| Offres commerciales initialement prévues jusqu'au printemps 2026 | Prolongées à la rentrée 2026 |
| Perspective sur les barèmes | Remontée progressive dans les prochains mois |
Une volonté de prêter qui subsiste
Cependant, la volonté de prêter reste forte : certaines banques ont même prolongé à la rentrée 2026 des offres commerciales qui devaient initialement s'arrêter au printemps 2026, car plusieurs établissements n'auraient pas encore atteint leurs objectifs de conquête de nouveaux clients pour l'année. Le courtage immobilier banque reste donc actif, avec des négociations encore possibles pour les dossiers solides.
Questions fréquentes
Les banques perdent-elles vraiment de l’argent sur mon crédit immobilier ?
Oui, selon l'ACPR. En 2025, les marges à l'octroi des crédits immobiliers étaient encore négatives.
Pourquoi les banques acceptent-elles de perdre sur le prêt ?
Le crédit immobilier est un "prétexte" pour attirer un client. La banque compte être rentable sur la relation globale, via les comptes, l'épargne et les assurances dans les années suivantes.
À combien s'élèvent les taux en octobre 2026 ?
Les taux tournent autour de 3,5% sur 20 ans en septembre 2026.
Que signifie "marge négative" pour une banque ?
Cela signifie que le coût de refinancement du crédit pour la banque est supérieur au taux d'intérêt qu'elle vous facture. Elle perd donc de l'argent sur la ligne de crédit elle-même.
Les banques demandent-elles des contreparties pour un prêt ?
Oui. Elles peuvent exiger de l'épargne ou d'autres produits. Une banque peut rappeler un client si la contrepartie réelle (10 000 € d'épargne) est inférieure à celle annoncée en négociation (50 000 €).
Le marché du crédit immobilier est-il dynamique en 2026 ?
Oui. En 2025, le montant de crédits à l'habitat produit a bondi de 29,3% sur un an, pour atteindre 171,3 milliards d'euros.
Les frais de dossier ont-ils augmenté ?
Oui. Des hausses de 100 à 150 euros sur les frais de dossier ont été observées en 2026.
Comment les banques restent-elles rentables malgré tout ?
Grâce aux produits annexes. En 2025, le produit net bancaire des six principaux groupes a progressé de 5,6%, tiré par les commissions (assurances, gestion d'actifs).